JPMorgan rachète Bear Stearns à 2 $ l'action : le deal le plus étrange de l'histoire
Mars 2008. Bear Stearns, l'une des plus grandes banques d'investissement mondiales, s'effondre en 72 heures. La Fed oblige JPMorgan à la racheter pour 2 dollars l'action — contre 170 $ la semaine précédente. Jamie Dimon a 48 heures pour décider.
🏦 14 mars 2008. Bear Stearns, fondée en 1923, 5ème banque d'investissement américaine, annonce qu'elle n'a plus suffisamment de liquidités pour ouvrir lundi. En 72 heures, elle est rachetée pour 2 dollars l'action par JPMorgan Chase — sous la pression directe de la Réserve Fédérale américaine. C'est la première grande victime de la crise des subprimes.
📊 En juin 2007, deux hedge funds internes de Bear Stearns spécialisés dans les MBS (titres adossés à des prêts immobiliers) font faillite, perdant 1,6 milliard de dollars. La banque injecte des liquidités mais la confiance s'érode. En mars 2008, les rumeurs de faillite s'amplifient, les contreparties refusent de prêter à Bear, les retraits s'accélèrent. Une prophétie auto-réalisatrice.
Deux hedge funds internes s'effondrent en 2007 : le début de la fin
⏱️ La Fed de New York et le Trésor américain font face à un dilemme : laisser Bear Stearns faire faillite risque de déclencher une panique systémique mondiale (Bear est connectée à des milliers de contreparties). Mais la sauver crée un précédent moral (aléa moral). Solution : forcer JPMorgan — avec une garantie de 29 milliards de la Fed — à racheter Bear Stearns pour un prix symbolique.
72 heures pour éviter une panique systémique mondiale
🔗 Bear Stearns est interconnectée avec des milliers de contreparties via des produits dérivés (CDS, swaps, repos). Sa faillite aurait déclenché des appels de marge en cascade et bloqué le marché interbancaire. C'est la définition du risque systémique : la défaillance d'un seul acteur peut provoquer l'effondrement du système entier. Six mois plus tard, Lehman Brothers, que la Fed choisit de ne pas sauver, provoquera exactement cela.
Risque de contrepartie : pourquoi la faillite d'une banque peut tuer les autres
🏆 Sous pression des actionnaires de Bear, JPMorgan relève son offre à 10 $ l'action. En intégrant le réseau de clients, la présence en prime brokerage et les actifs de Bear Stearns, JPMorgan sort largement gagnant à long terme. Jamie Dimon est salué comme le sauveur du système financier. Il deviendra l'un des PDG les plus puissants et respectés de Wall Street.
JPMorgan relève à 10 $ · et fait une très bonne affaire sur le long terme